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Modélisation et simulation des systèmes complexes spatialisés

A. PRESENTATION DE L’AXE

Responsables :

- DAUDE Eric,
- SAINT-GERAND Thierry

A.1. Les personnes (membres de l’axe)

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A.2. Les objectifs majeurs de l’axe et orientations scientifiques suivies pour le quadriennal 2012-2015

Cet axe cible un panel d’approches et de problématiques spatiales mobilisant le paradigme de la complexité. Pour mémoire, on rappellera succinctement ici qu’un système complexe est un système qui se caractérise par la présence de nombreuses entités en interaction mutuelle et / ou environnementale, par l’existence de plusieurs niveaux d’organisation et par l’existence de nombreuses boucles de rétroactions, sans "chef-d’orchestre" ni déterminisme absolu pré-établi. Le "jeu" qui en résulte rend impossible de prédire le comportement de l’ensemble à partir de la seule analyse de ses éléments constitutifs. L’inscription spatiale qui marque un grand nombre de tels systèmes apporte une dimension particulière de complexité, mais aussi un angle d’approche essentiel à sa compréhension. L’axe 5 focalise cette entrée. En alliant la modélisation à base d’agents à des modélisations SIG (MCD, référentiels de données localisées, et fonctions d’analyse SIG), une approche computationnelle privilégiée s’élabore pour l’étude de ces systèmes. On l’applique dans de nombreux domaines : biologie, sociologie ou encore économie selon une procédure de type "bottom up", car les règles comportementales sont spécifiées à un niveau individuel, local (l’agent) alors que les dynamiques s’observent au niveau de sous-systèmes de niveau supérieur, voire au niveau du système global.

Une des ambitions au long cours de l’axe 5 est de favoriser la diffusion de théories, concepts et méthodes, voire d’outils logiciels, non seulement auprès des autres axes mais aussi de la communauté scientifique de plus en plus large qui s’intéresse la dimension spatiale et complexe des phénomènes à laquelle elle est confrontée. La demande est forte dans ce domaine. En témoignent les nombreux partenariats et sollicitations reçus à travers les réseaux régionaux, nationaux mais aussi internationaux (Asie, Maghreb, Afrique sub-saharienne), que plusieurs membres de l’axe 5 (à Rouen et Caen notamment) animent.

Il s’agit donc de proposer un panel de produits : conceptuels (concepts "opératoires"), méthodologies de modélisation de données, algorithmes, plateformes, langage de manipulation des connaissances) les plus accessibles possible pour des thématiciens aux profils très divers voire même pour des acteurs, en particulier lorsqu’il s’agit de problématiques touchant au fonctionnement, à l’évolution et aux risques caractéristiques d’un territoire.

L’intégration de modélisations conceptuelles à la fois systémiques et inventoriales (type hypergraphique -HBDS,-), de modélisations structurales (SIG), et dynamiques (AC et SMA) débouche sur un niveau d’applications innovantes d’une portée inattendue. En effet, bien que la géographie n’ait pas vocation a priori pour être une science expérimentale, les modèles informatiques de ce nouveau type permettent assez bien aujourd’hui de lever ce verrou : l’expérimentation virtuelle peut désormais être testée à travers une forme de simulation spatiale riche, bien supérieure aux schématisations ultra-réductrices de la réalité terrain, que l’on pouvait rencontrer il y a encore peu d’années. La constitution d’univers virtuels dans lesquels évoluent des objets informatiques (représentant des virus, des insectes, des gouttes d’eau, des individus, mais aussi des véhicules, des objets environnementaux, des bâtiments, des nuages toxiques, des impacts d’aléas etc.)), permet en effet de tester des hypothèses sur la dynamique des systèmes modélisés et de faire des expériences par simulation sur de tels systèmes.

Ceci dégage des horizons prometteurs dans d’importantes voies de recherches :

Géosimulation : Comment réaliser des plans d’expériences en géographie (comment observer un modèle de simulation spatialisé ?, quels paramètres et / ou entités du modèle faire varier ?) ; Comment valider un modèle de simulation de phénomènes spatialisés ? Comment se positionner par rapport à une utilisation de ces modèles de simulation dans la société ? Quelle sémiologie graphique pour exprimer la complexité spatiale ?

Sciences du territoire : quels concepts et quelles méthodes mettre au point pour comprendre les types et processus de structuration dynamique des territoires, question scientifique, certes, mais aussi défi redoutable pour les décideurs politiques contemporains confrontés à l’incertitude.

Géomatique : le volume croissant de l’information géographique, dans le temps et l’espace, soulève également de nombreuses questions et nécessite des développements conceptuels et logiciels innovants. Il ne s’agit pas seulement de réfléchir à la manière dont on va gérer et analyser l’importante quantité de données générées par les SIG ou les SMA mais de réfléchir à la manière de présenter ces données dynamiques et interactives. Comment combiner les sorties de ces modèles couplant SIG et SMA pour les faire s’approprier et valoriser par utilisateurs (acteurs territoriaux) ?

B. LE BILAN SCIENTIFIQUE

B.1. Production et qualité scientifique

Dans le cadre précité, les travaux ont été coordonnés selon deux directions complémentaires :

-  approfondir et élargir la compréhension et la modélisation des processus internes régissant un panel de systèmes complexes spatialisés (notamment à dimension risques, santé, transports, en coopération avec l’axe 3) sur des terrains variés (Europe, Afrique, Asie).

-  améliorer les outils de communication et de valorisation coopérative de ces avancées : outils de géo-visualisation, sémiologie graphique de phénomènes dynamiques et cartographie dynamique, et interactive en temps réel, valorisables au près d’une communauté élargie d’utilisateurs (recherche, action territoriale).

Les travaux sont organisés par « orientations » méthodo-thématiques.

B.1.1. Analyses et modélisations spatiales de systèmes complexes à risques socio-techniques

Privilégiée par l’équipe Caennaise, et s’articulant peu à peu avec les plates-formes dynamiques développées à Rouen (GAMA), cette orientation s’est développée sous deux formes de projets conséquents. L’un a obtenu le soutien d’une séquence de contrats de recherche nationaux (ANR, PREDIT, FSR) pour l’approche territoriale de la problématique risque routier/sécurité routière. L’autre bénéficie de la reconnaissance internationale de l’UNESCO en tant qu’ e-laboratoire pilote au sein d’UNITWIN-Campus Numérique Mondial des Systèmes complexes, en particulier pour le développement du réseau géomatique trans-méditerranéen (qui déborde aujourd’hui largement cette zone initiale) d’observatoires territoriaux de la complexité spatiale (REMGAREV-DC).

B.1.1.1. Une approche complexe et territoriale des risques socio-techniques, intégrant les acteurs à part entière (SIG, analyses de discours, cartes mentales)

Principalement développées à Caen, ces recherches s’interconnectent avec l’axe 3, particulièrement sur la thématique risques/santé, et avec l’axe 4 sur la relation entre innovation et territoire. Dans de nombreux domaines où l’on recherche une approche modélisatrice des risques, les réflexions actuelles sur les accidents, les vulnérabilités et les pratiques de prévention conduisent à pointer la nécessité d’approches systémiques et globales plaçant le territoire au cœur de l’analyse. Dans cette perspective, la problématique des risques routiers, par exemple, est abordée sous une perspective nouvelle, s’écartant des conceptions essentiellement technicistes ou comportementalistes encore dominantes dans les institutions. Ici, ces risques sont conçus comme dysfonctionnements des systèmes de déplacement, au sein d’interactions territoriales multiples. Ils s’interfacent fortement avec la problématique de sécurité routière, et d’aménagement, en particulier urbain. Ce champ a fait l’objet de recherches suivies, transdisciplinaires (géographes, accidentologues, aménageurs, statisticiens, psychologues, acteurs locaux....) à travers notamment 2 contrats ANR portés ou co-portés achevés et/ou en cours (CRITERE 2011-2014, et RED 2014-2018) ou issus d’autres programmes d’institutions spécialisées (PREDIT, FSR...).

Un panel d’outils complémentaires a été élaboré pour construire un dispositif d’analyse capable de mieux rendre compte de cette forme de complexité spatiale :

-  La construction théorique par les géographes d’espaces de niveaux de risque à travers des combinaisons de variables pertinentes par hypothèse, identifiées selon un modèle cognitif formalisé (structure hypergraphique HBDS).

-  Le recueil de savoir-faire et de la sémantique spatiale associée des acteurs de terrain, qui reposent sur la diversité des situations locales autant que sur l’efficacité observée empiriquement des actions entreprises. Ce recueil apporte des réponses qualitatives et complémentaires à ce qui a été décrit précédemment.

-  Enfin la description de scénarios type d’accident, tels qu’ils ont été en particulier décrits à l’IFSTTAR (ex-INRETS). Elle met en évidence des processus accidentels comme des enchaînements d’événements déterminés à des échelles spatiales différentes et qui conduisent à des « erreurs » dont la genèse est répétitive.

L’ensemble des points évoqués ci-dessus ont été menés à bien, dans toutes ses étapes, de la conception initiale du circuit d’élaboration de l’information à double validation chercheurs/acteurs, jusqu’à l’élaboration d’un logiciel spécifique adossé à ArcGis10.0 (CRITERE 1.0). Sa valorisation finale est attestée par l’usage qu’en ont fait les services techniques de la Communauté Urbaine Lille Métrople, notamment dans le cadre de la rénovation du Plan de Déplacement Urbain (PDU). Au plan de la production scientifique, ce projet à donné lieu à de nombreuses présentations en colloques nationaux ou internationaux en France et à l’étranger.

B.1.1.2. Simulation et modélisation dynamique de systèmes complexes (AC-SMA)

Ce volet important, au coeur même de l’axe 5, est principalement articulé autour d’E. Daudé et P. Taillandier (Rouen), et toujours suivi par P. Langlois. Il cible lui aussi la thématique des risques et la modélisation des systèmes complexes spatialisés, mais en privilégiant le suivi des processus spatiaux, particulièrement ceux à dynamique rapide. En émergent un large éventail d’applications-tests. Une première catégorie de travaux traite la diffusion des épidémies (dengue, choléra) et une seconde les évacuations massives de population en situation de catastrophe (accident industriel, inondation, tsunami). Dans quelles mesures les environnements, les réglementations, les cultures du risque influencent les dynamiques de ces phénomènes sont une première série de recherches. Quelles sont les actions à mettre en œuvre ou les modifications à apporter à ces facteurs pour réduire la vulnérabilité des populations face à de tels évènements est un second axe de recherche ? Enfin, une ouverture plus récente porte sur les processus de diffusion sur le temps long, appliquée notamment à des enjeux géoarchéologiques (M.Rasse, D.Mouralis), dont l’ANR GéObs est l’exemple le plus marquant.

Ces recherches s’appuient sur des méthodes de modélisations, notamment de type multiagents spatialisés. On développe ainsi différents modèles dynamiques pour tester des hypothèses sur le fonctionnement des systèmes étudiés et pour explorer des scénarios d’évolutions possibles de ces systèmes. Ces modèles constituent des laboratoires d’expérimentations (de simulations) uniques pour des recherches en sciences sociales où l’expérimentation in situ est impossible : Le modèle SEASON (simuler le cycle de vie du moustique du vecteur de la dengue dans des environnements variés). Le modèle MOSAIIC (simuler les déplacements d’automobilistes dans des réseaux de transport urbains). Ces modèles s’appuient sur le développement de la plateforme MAGEO (https://sites.google.com/site/mageo... et http://mag.hypotheses.org), désormais opérationnelles même si elle continue d’être développée (Langlois, Daudé, Colange).

La plate-forme open-source GAMA, quant à elle, est dédiée à la définition et à la simulation de modèles à base d’agents. S’attaquant à un verrou contraignant jusqu’alors dans l’usage et la représentativité terrain de tels modèles, l’effort a porté sur l’intégration de données géographiques dans les modèles, leur définition graphique, la définition d’agents cognitifs, l’intégration d’outils dédiés aux modèles de trafic routier. Des modèles spécifiques ont été également élaborés : modèle visant à simuler le trafic routier de Rouen, simulations de chantiers de construction de bâtiments (modèle SMACC) avec des chercheurs en génie civil de l’université de Bordeaux I (I2M GCE), modèle géo-historique visant à mieux comprendre les événements s’étant déroulés durant les crues du fleuve Rouge de 1926 (modèle ARCHIVES) à Hanoi au Viet Nam avec des informaticiens de l’IRD (UMMISCO) de l’IRIT (SMAC) et un historien de l’EFEO, modèle d’évolution des ressources en eau dans le basin Adours-Garonne (modèle MAELIA).

Une collaboration démarre (projet CNRS PICS) avec le département de mathématiques de l’Institut Polytechnique d’Hanoi (Viet Nam) afin de travailler sur le couplage entre modèles mathématiques et modèles à base d’agents. Enfin une connexion effective est en cours de mise au point autour de l’ANR RED, entre SIG (plateforme ArcGis 10.2 + developpements ad hoc) et SMA (GAMA), entre les sites de Caen et Rouen.

Tous les logiciels et applicatifs développés en modélisation dynamique, comme en modélisation structurelle (SIG), bénéficient d’un effort d’IHM permettant à des thématiciens ou acteurs non spécialistes de se les approprier rapidement, ce qui élargit beaucoup la portée de leur valorisation. GAMA, par exemple, est aujourd’hui de plus en plus utilisée (plus de 2000 téléchargements pour la dernière version) en particulier dans de nombreux projets de recherche, bien au delà de ceux pilotés par la seule UMR IDEES (ANR AEDES, propagation de la dengue à New Delhi, ou GRR MOSAIIC). De véritables logiciels spécialisés élaborés de façon largement coopérative (GAMA, MOSAIIC, CRITERE 1.0) au sein de l’axe 5, constituent donc un apport important et transférable en tant que produits de recherche.

Mais toute l’activité déployée dans ce domaine de modélisation dynamique a surtout donné lieu à une intense valorisation scientifique soit dans des colloques nationaux ou internationaux majeurs comme participants (ECTQG, TheoQuant, ECSS...), ou organisateurs (MAPS, BATNA) ou de nombreuses publications référencées ( CyberGéo, Wissenschaft FrankReich, Economica, Cahiers Scientifiques des Transports, European Journal of Operational Research, Cartographica, Revue Internationale de Géomatique ...).

B.2. Le rayonnement et l’attractivité académique

L’axe 5 est très représenté dans des réseaux majeurs de la communauté de la géographie et de la modélisation informatique, non seulement au titre de participant, mais aussi de fondateur et animateur.

-  Le Campus Numérique Mondial des Systèmes Complexes, à travers l’e-laboratoire pilote REMGAREV-DC porté par IDEES-Caen, labellisé en 2013 e-lab pilote du Campus Numérique Mondial UNESCO UNITWIN des Systèmes Complexes http://en.wikiversity.org/wiki/Port...

-  l’Institute for Complex Systems of Normandy, http://iscn.univ-lehavre.fr/, depuis 2010 ;

-  Le Réseau National des Systèmes Complexes, http://rnsc.fr/tiki-index.php, depuis 2008 ; La Complex Systems Society, http://cssociety.org/tiki-index.php, depuis 2006 ;

-  Le GRR Sciences de l’Environnement et des Risques (SER), http://grrhn.insa-rouen.fr/front-pa... ;

-  Le GRR Transport Logistique – Technologies de l’Information (TL-TI), http://grrhn.insa-rouen.fr/front-pa... ;

-  L’EIFER (Institut Européen de Recherche sur les Energies Renouvelables), http://www.eifer.uni-karlsruhe.de/ ;

-  S4 (GRE : Spatial Simulation in Social Sciences), http://s4.parisgeo.cnrs.fr/ ;

-  GDR MAGIS (Méthodes et Applications pour la Géomatique et l`Informatique Spatiale), http://magis.ecole-navale.fr/

-  Réseau RNSC simtools (membre du comité de pilotage - participation au montage du réseau ; discipline : informatique) : réseau dédié à l’échange entre développeurs de logiciels libres pour la modélisation et la simulation de systèmes complexes : https://www.sites.google.com/site/s...

-  Réseau CNRS NormanDev (membre du comité de pilotage - participation au montage du réseau ; discipline : informatique) : réseau dédié au développement logiciel en Normandie : http://normandev.cnrs.fr

-  Réseau RNSC MAPS (membre du comité de pilotage ; discipline : informatique et géographie) : réseau dédié à l’échange entre modélisateurs et à la diffusion des approches de modélisation à base d’agents de phénomènes spatialisés : http://maps.hypotheses.org

-  E-laboratory on Complex Computational Ecosystems (UNESCO Complex Systems Digital Campus) : https://en.wikiversity.org/wiki/Por... Campus/E-Laboratory_on_complex_computational_ecosystems

B.3. Un exemple : réseaux internationaux d’observatoires territoriaux de la complexité

Ce projet, initié et porté depuis la France par IDEES-Caen, s’appuie sur 2 piliers :

-  En Europe du Sud, Maghreb et Mena : le réseau REMGAREV-DC (pilotage T. Saint-Gérand) : Réseau Euro-Méditerranéen de Géomatique pour l’Aménagement et la Recherche sur les Espaces Vulnérables., e-lab du Digital Campus of Complex Systems UNESCO UNITWIN (actuellement 118 universités à travers le monde).

L’objectif général consiste en la coordination et dynamisation de formations et de recherches opérationnelles transdisciplinaires sur le bassin méditerranéen en matière de géomatique des problématiques territoriales (risques, étalement urbain, transport, aménagement...). Articulant de nombreuses activités (colloque international bi-annuel (Batna), co-directions de thèses, séminaires, formations, accueil de doctorants et collègues), autour d’un système d’information prévu pour être partagé sur le web (collaboration avec le LITIS Le Havre), ce réseau constitue une pépinière de plates-formes géomatiques interconnectées, supports d’observatoires locaux de la complexité territoriale.

Le défi consiste à rendre ces applications inter-coopératives à l’échelle de la zone, en harmonisant leur architecture conceptuelle (concepts opératoires et modèles de données), et technique (logiciels, protocoles de données), dans le cadre d’un fonctionnement transdisciplinaire et transpartenarial (implication des collectivités locales). Les développements s’appuient sur l’expérience d’applications déjà opérationnelles sur Lille, Caen et Sfax (Tunisie).Ainsi, au delà de ces 3 applications pilotes, des répliques se montent en Tunisie (Sousse), Algérie (Oran, Batna, Constantine, Mascara), Maroc (Agadir, bientôt Fès) et Lattakié (Syrie). D’autres sont en gestation pour l’Italie et la Grèce.

-  En Afrique sub-saharienne : un panel d’observatoires de type apparenté est en cours de montage (Mali, Burkina Faso) dans le cadre d’une délégation IRD (PiGéo, pilotage E. Bonnet).

B.4. L’interaction avec l’environnement social, économique et culturel

Les concepts, méthodes et techniques mobilisées dans la plupart des projets de l’axe 5 s’appliquent dans des problématiques sociales, environnementales, socio-économiques, en un mot territoriales. De ce fait plusieurs gros projets réalisés ou en cours font naturellement appel dans leur réalisation et leurs retombées à une implication voire une co-élaboration des acteurs de terrain qui, en retour obtiennent ainsi des éléments de réponse à leurs questions (choix stratégiques pour des politiques de prévention de risques, de priorité d’aménagement d’infrastructure routière, de plan de circulation etc....). A titre d’exemples, citons :

-  Programmes/projets MOSAIIC, ANR MAGEO, GAMA : Institut Pasteur (Paris), IRD (Hanoi,Vietnam), EIFER (Karlsruhe, Allemagne), National Institut of Malaria Research (Delhi, Inde), National Disaster Management Authority (Delhi, Inde), Tropical Medecin (Bangkok, Thailande).

-  Programmes ANR CRITERE, RED : collectivités locales (Lille LMCU (services voirie, transports urbains), CRBN, AUCAME, Agence routière du Calvados, services locaux de l’état (DDTM)), voire des entreprises locales.

B.5. La formation à la recherche

Durant le quadriennal, l’activité de formation à la recherche, dans le registre de l’axe 5, a donné lieu à des activités doctorales fournies. Participation intense et montage d’écoles thématiques et de séminaires (E. Daudé, E. Bonnet, P. Taillandier) :

-  thèses soutenues (M. Medjkane, I. Sakher) direction ou co-direction T. Saint-Gérand, (M. Kun), co-direction E. Daudé

-  soutenances imminentes en 2015 (J. Meynet, M. Zékar, H. Hmerscha) direction ou co-direction T. Saint-Gérand

-  15 doctorats ont aussi été lancés entretemps et sont donc en cours, en prise sur les problématiques territoriales, notamment au Maghreb, en Asie et Afrique sub-saharienne. Pour la plupart, ces projets sont menés en co-direction et 2/3 d’entre eux sont reliés aux réseaux d’observatoires territoriaux que pilotent des membres de l’axe 5, présentés plus haut.

C. LES ENJEUX PRIVILÉGIES

C.1. Les liens avec le CNRS (contrats, réseaux, etc...)

Ils sont extrèment marqués pour cet axe, qu’il s’agisse de la co-organisation d’écoles thématiques CNRS , de projets PICS (Patrick Taillandier), de la particpation aux salons Innovatives 2013 et 2015, d’une thèse INSHS internationale, d’une chaire mixte CNRS, du recrutement de CR ayant travaillé en post-doc sur cet axe (Laurent Beauguitte, O.Tell) ou simplement de la gestion par le CNRS des principaux contrats ANR qui structurent cet axe. Cet axe, qui a longtemps fonctionné grace à des contractuels financés sur ressources propres, apparait aujourd’hui davantage pérénnisé avec l’arrivée en 2014 et 2015 dans l’équipe d’un CR (L.Beauguitte), d’une IE CNRS (A.Couillet), d’un IR Université (S.Rey).

C.2. La transdisciplinarité

La transdisciplinarité est une propriété native de l’axe 5, liée à l’essence même du paradigme de la complexité qui le sous-tend. Elle se développe chaque année davantage, notamment depuis l’intégration dans les différents réseaux nationaux et interbationaux du domaine (CS-DC) Dans la plupart des projets coopèrent effectivement des disciplines relevant de Sciences humaines, Science dures, Sciences de l’Ingénieur, ainsi par exemple :

-  ANR CRITERE, RED : géographes, statisticiens, accidentologues, urbanistes, économistes, psychologues, architectes, médecins, sécurité civile, sociologues, juristes, informaticiens, mathématiciens...

-  MOSAIIC, MAGEO, GAMA : géographes, informaticiens, médecins, épidémiologues

C.3. La transversalité avec les autres axes

Au sein de l’UMR IDEES, l’axe 5 joue un double rôle. En lui même, il explore son propre objet de recherche : la complexité, et ses modélisations spatiales et dynamiques. Mais ses apports conceptuels, méthodologiques et techniques (outils logiciels) constituent des ressources réelles pour les autres axes, notamment 2 et 3, dans lesquels ses projets se co-inscrivent aussi pleinement sous l’angle thématique (risques, santé, organisations territoriales)

C.4. Publications majeures

  1. BANOS, A. ; MORENO, D. ; PIVANO, C. & TAILLANDIER, P. (2013), ’Christaller, still alive !’, Cybergeo : European Journal of Geography [En ligne], Débats, Des preuves par simulation, URL : http://cybergeo.revues.org/24877 ; DOI : 10.4000/cybergeo.24877
  2. BOURDIN S., 2013, "Pour une approche géographique de la convergence. Les inégalités régionales dans l’Union européenne et leur évolution", L’Espace géographique, 2013/3 Tome 42, p. 270-285.
  3. BOURDIN S., 2013, "Une mesure spatiale locale de la sigma-convergence pour évaluer les disparités régionales dans l’Union européenne", Région et Développement, n° 37
  4. BOURDIN S., LANGLOIS P., ELISSALDE B., GOYAT D., 2011, "Une approche prospective de la configuration des disparités économiques régionales au sein de l’union européenne par la modélisation et la simulation", Cybergeo : European Journal of Geography, document 564
  5. BUSSI M., COLANGE C., FREIRE-DIAZ S., JADOT A., Un outil d’analyse électorale en cours de création : Cartelec, un SIG au niveau des bureaux de vote français, le monde des cartes, n°205-septembre 2010, p 81-98, 2010.
  6. CRASTES R., BEAUMAIS O., ARKOUN, O., LAROUTIS D., MAHIEU P.-A., RULLEAU B., HASSANI-TAIBI S., BARBU V. S., GAILLARD D., 2014. "Erosive runoff events in the European Union : Using discrete choice experiment to assess the benefits of integrated management policies when preferences are heterogeneous," Ecological Economics, Elsevier, vol. 102(C), pages 105-112.
  7. DIDELON C., RUFFRAY (DE) S., BOQUET M., LAMBERT N., 2011, “A world of interstices : A fuzzy logic approach to the analysis of interpretative maps”, The cartographic journal, vol 48, n°2. pp 100-107.
  8. DUCRUET C. et BEAUGUITTE L., 2013, ` "Spatial science" and "network science" : Review and outcomes of a complex relationship’’, Networks & Spatial Economics, décembre.
  9. E. BONNET, A. NIKIEMA, 2013, Libération des données géographiques à Ouagadougou- Burkina Faso : exemple de la plateforme d’informations géographiques de Ouagadougou (PIGO), Networks and Communication Studies, NETCOM, vol. 27 (2013)
  10. E. BONNET, S. LASSARRE, 2010, Analyse spatiale des déplacements des piétons en milieu urbain du point de vue des traversées en vue d’évaluer l’exposition aux risques d’accident , in Territoire en Mouvement, 2008.1, Lille, 14 pages
  11. LESPEZ L., LE DRÉZEN Y., GARNIER A., RASSE M., EICHHORN B., OZAINNE S., BALLOUCHE A., NEUNMANN K. ET HUYSECOM E. (2011) – High-resolution fluvial records of Holocene environmental changes in the Sahel : the Yamé River at Ounjougou (Mali, West Africa). Quaternary Science Revieuws, 30, 737-756.
  12. LUCCHINI F., ELISSALDE B., FREIRE-DIAZ S., 2013, Caractériser l’attractivité des quartiers urbains par les données de la téléphonie mobile. Information Géographique, 1, 2013, 44-62.
  13. MULLER, B. ; BALBI, S. ; BUCHMANN, C. M. ; DE SOUSA, L. ; DRESSLER, G. ; GROENEVELD, J. ; KLASSERT, C. J. ; LE, Q. B. ; MILLINGTON, J. D. ; NOLZEN, H. ; PARKER, D. C. ; POLHILL, J. G. ; SCHLUTER, M. ; SCHULZE, J. ; SCHWARZ, N. ; SUN, Z. ; TAILLANDIER, P. & WEISE, H. (2014), Standardised and transparent model descriptions for agent-based models : Current status and prospects. Environmental Modelling & Software, 2014, 55, 156 – 163. Impact factor : 4,538
  14. P. LETORTU, S. COSTA, E. BONNET, 2014, Spatial Analysis of Coastal Chalk Cliff Falls in Upper Normandy (France). From Veules-les-Roses to Le Tréport (2002-2009), Revue internationale de géomatique, Hermès, numéro spécial RIG 3/2014
  15. P. SALZE, E. BECK, M. AMALRIC, J. DOUVINET, E.BONNET, F. DURAFFOUR, D. SHEEREN, E. DAUDE, 2014, « TOXI-CITY : an agent-based model for exploring the effects of risk awareness and spatial configuration on the survival rate in the case of industrial accidents », Cybergeo : European Journal of Geography [Online], Systems, Modelling, Geostatistics, document 692, Online since 06 November 2014, connection on 05 December 2014. URL : http://cybergeo.revues.org/26522 ; DOI : 10.4000/cybergeo.26522
  16. PROPECK E., SAINT-GERAND T. :”Risque Routier” un système complexe territorial » Article soumis à la revue l’Espace Géographique en décembre 2014, en cours d’évaluation. 2014
  17. RASSE M. (2014) – Réflexions pour une modélisation de la diffusion du Néolithique en Europe. Accepté dans Mappemonde
  18. S. LASSARRE, E. BONNET, F. BODIN, E. PAPADIMITRIOU, G. YANNIS, J. GOLIAS, 2012, A GIS-based methodology for identifying pedestrians’ crossing patterns, in Computers, Environment and Urban Systems, Volume 36, Issue 4, July 2012, Pages 321-330
  19. SAINT-GERAND T., FLEURY D. et al. “Inégalité sociale et Risque Routier. L’apport d’une approche territorialisée. » Dossier thématique des Cahiers Scientifique du Transport sur : "Economie de la sécurité routière : définition, connaissance et enjeux". N°57/2010 – p45-62 2010
  20. SALZE P., BECK E., DOUVINET J., AMALRIC M., BONNET M., DAUDÉ E., DURAFFOUR F., SHEEREN D. (2014), TOXI-CITY : an agent-based model for exploring the effects of risk awareness and spatial configuration on the survival rate in the case of industrial accidents, Cybergeo : European Journal of Geography, art. N°612, http://cybergeo.revues.org/26522 DOI : 10.4000/cybergeo.26522.
  21. SCHIEBEL J., OMRANI H., GERBER P., (accepted) « Border effects on the travel mode choice of resident and cross-border workers in Luxembourg », European Journal of Transport and Infrastructure Research.
  22. TAILLANDIER P. & TAILLANDIER F. (2012), ’Multi-Criteria Diagnosis of Control Knowledge for Cartographic Generalisation’. European Journal of Operational Research, Volume 217, pp. 633—642, Elsevier., Impact factor : 1,843
  23. TAILLANDIER, P. & GAFFURI J. (2012), ’Improving map generalisation with new pruning heuristics’. International Journal of Geographical Information Science, Taylor and Francis, 26, 1309-1323, Impact factor : 1,479
  24. TAILLANDIER, P., GRIGNARD, A., GAUDOU, B. and DROGOUL, A. (2014) "Des données géographiques а la simulation а base d’agents : application de la plate-forme GAMA", Cybergeo : European Journal of Geography.
  25. TRANOUEZ P., DAUDÉ E., LANGLOIS P., (2012), A multiagent urban traffic simulation, Journal of Nonlinear Systems and Applications, http://jnsaonline.watsci.org/conten..., vol. 3, n. 2, pp. 98-106.

BILAN AXE 5 : Synthèse graphique

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