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CARTELEC

Programme ANR-FEDER Cartelec (2009-2013) : un « microscope » pour observer le vote des quartiers

NB : le rapport complet est téléchargeable sur https://halshs.archives-ouvertes.fr... Le site du programme est accessible à l’adresse suivante : http://www.cartelec.net

Les cartes électorales sont un outil couramment utilisé pour analyser les scrutins en France, qu’il s’agisse de cartes publiées dans les médias au lendemain des élections pour représenter à chaud les résultats, d’atlas autorisant une vision diachronique des évolutions et permanences des régions politiques, ou encore de méthodes sophistiquées d’analyses spatiales.

Les citoyens sont désormais habitués à lire ces cartes par département, par circonscription, par canton ou par commune, mais sont cependant peu conscients d’une de leur limite importante : elles représentent principalement une France rurale, survalorisent visuellement les espaces de faibles densités, et surtout, ne disent rien des comportements politiques urbains où habitent pourtant une majorité de la population. Seule l’échelle du bureau de vote permet de descendre à un niveau infra-communal, et donc de prétendre comprendre les évolutions socio-électorales internes aux grandes agglomérations. Il s’agissait cependant jusqu’à présent d’une « boite noire », puisqu’à l’exception de rares monographies, les limites des bureaux de vote en France ne sont pas connues, et moins encore cartographiées. Le descriptif d’un bureau de vote se réduit le plus souvent à un ensemble de rues, connues de la seule mairie, plus rarement archivées à l’échelle départementale.

Partant de ce constat, le projet Cartelec a répondu à une triple ambition :

-  Dresser la cartographie des bureaux de vote en France

-  Analyser à une échelle inédite, et de façon exhaustive, « le vote des quartiers » français

-  Mettre à disposition des chercheurs en sciences sociales (sociologie urbaine, urbanistes, géographes, politistes, ethnologues…), et plus généralement des citoyens, un serveur de données socio-électorales géoréférencées à l’échelle des bureaux de vote.

Au final, la cartographie des bureaux de vote de la quasi-totalité des communes de plus de 50 000 habitants, ainsi que l’ensemble des préfectures, ont été dressées, ce qui représente au total près de 10 000 bureaux de vote. Nous sommes ainsi en mesure de cartographier à cette échelle les résultats des élections de 2007 (présidentielle et législatives), 2009 (européennes), 2010 (régionales) et 2012 (pour les villes de plus de 100 000 habitants. Autre avantage, les bureaux de vote (entre 800 et 1000 électeurs), sont proches en taille et en nombre d’habitants des IRIS, le zonage INSEE intra-urbain le plus fin. Même si les mailles des bureaux de vote et des IRIS ne se superposent pas, une méthode de ventilation par contribution surfacique a permis d’estimer la composition sociale des bureaux de vote (ou inversement le vote des IRIS), et ainsi de dresser des comparaisons sociologiques inédite à cette échelle. Cette base de donnée est pérennisée avec le recrutement (2012) d’un ingénieur de recherche CNRS en charge de ce programme et cette base de données. Les analyses ont permis de dresser des typologies sociopolitiques édifiantes des centres urbains par rapport au monde rural et aux zones périurbaines, très éloignées des clichés d’homogénéisation du vote urbain, telle la figure du « bobo » qui apparaît comme un archétype à déconstruire.

Le programme Cartelec « fait école » et plusieurs équipes de recherche européennes travaillent déjà en collaboration avec lui pour se lancer dans des expériences similaires. Il est vrai qu’au-delà d’un effet « microscope » pour analyser de façon académique les comportements politiques, une cartographie fine et systématique des bureaux de vote pourrait encourager des procédures de redécoupages politiques plus justes, plus transparentes, plus partagées (des conseils de quartiers aux circonscriptions électorales), à l’instar des redistricting aux Etats-Unis basés sur des travaux d’experts indépendants mais aussi de mobilisations citoyennes actives. Le ministère de l’intérieur nous a d’ailleurs contacté en ce sens.

Depuis l’ouverture du site Cartelec, les données du programme ont été téléchargées plus de 500 fois, par trois types d’utilisateurs :

-  Des chercheurs en science sociale

-  Des militants (partis politiques, associations etc).

-  Des citoyens intéressés par leur environnement politique et la cartographie interactive.

Note sur les mesures prises pour assurer la publicité du financement européen du programme CARTELEC (couplé avec un financement ANR)

Toutes les actions scientifiques du programme CARTELEC et publications sont mentionnées sous le double sceau ANR et FEDER. Journées d’études

Nous avons organisé plusieurs séminaires internationaux pluridisciplinaires « en région » afin d’ouvrir le cercle des discutants de notre travail.

Site Internet

Le programme ANR a mis en ligne un serveur de données et de cartographie interactive, : http://www.cartelec.net, où le financement FEDER est explicitement mentionné.

Visibilité européenne du projet

L’équipe a noué des contacts importants avec différents chercheurs et équipes européennes intéressées par l’étude de données électorales agrégées, par les possibilités de les combiner avec des données de sondage mais ne disposant pas d’un outil semblable à la base de données que nous créons, laquelle a été saluée comme un exemple à suivre.

Des chercheurs britannique et allemand ayant travaillé à la "géolocalisation" des répondants de l’enquête British Election Study 2010 souhaitent mener un travail comparatif avec notre équipe sur l’effet sur le vote de la distance aux candidats en France et en Angleterre, avec la perspective de rédiger un article en langue anglaise qui sera soumis à une revue internationale de science politique. Des chercheurs italiens des universités de Milan, Trente et Rome (sociologues, géographes et politistes) vont structurer une collaboration entre eux et déposer une demande de financement pour un projet qui prendra CARTELEC pour modèle explicite, Toutes ces coopérations bilatérales pourront à terme déboucher sur des projets de comparaison binationales voire plus élargies, avec d’importantes publications à la clé dans des revues de science politique, géographie et sociologie. Cela contribuera à la visibilité internationale de l’outil créé, la France apparaissant clairement en la matière comme un leader et un exemple dont les équipes concernées vont directement s’inspirer. Elles citeront d’ailleurs le projet CARTELEC dans leurs demandes de financement, et donc son financement FEDER.