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RED

Les inflexions contemporaines des politiques urbaines en faveur de la mobilité durable, légitimes au regard de la nécessaire transition écologique, génèrent de nouveaux dysfonctionnements : difficulté de lecture des espaces réaménagés pour les trams et bus en site propre, nouveaux types d’accidents (tram/piéton), restriction d’accès à certains espaces urbains (ZAPA, péage urbain) et développement de nouveaux usages (deux-roues motorisés), développement spatialement sélectif des quartiers “verts” et “apaisés” alimentant la ségrégation sociale intra-urbaine.

L’hypothèse générale du projet est que la grandeur de la justification écologique relègue au rang d’impensés les dysfonctionnements induits par les politiques de mobilité durable. Dans ce contexte, le projet RED vise à produire des connaissances sur les risques émergents des politiques de mobilité durable, à travailler la question de la représentation et de la modélisation de ces risques, à favoriser leur intégration dans l’action publique.

S’inscrivant clairement dans l’axe 3.6.3 (mobilité durable et systèmes de transport) du plan d’action de l’ANR, ce projet entend repérer, caractériser ces risques émergents de la mobilité durable et, d’une certaine manière, alerter les acteurs investis dans ces politiques publiques. Mobilisant fortement les méthodes et cadres d’analyse des sciences humaines et sociales, le projet RED rassemble, pour ce faire, des géographes, des économistes, des aménageurs-urbanistes, des politistes, des psychologues, des ingénieurs en transport partageant deux points communs : un objet de recherche (la mobilité durable) et la volonté d’en construire une compréhension scientifique et opérationnelle par l’approche systémique.

La première hypothèse du projet RED est que les politiques contemporaines en faveur de la mobilité durable alimentent un traitement spatialement sélectif des espaces et territoires urbains et un risque d’accroissement des inégalités spatiales entre les territoires de la qualité urbaine d’une part, et les « espaces délesteurs » accueillant les reports de trafic et les nuisances déplacées et détournées, d’autre part. Poser une telle hypothèse croise les préoccupations de l’axe 3.6.1 (« Systèmes durables) du plan d’action de l’ANR.

La seconde hypothèse du projet RED est que les politiques contemporaines en faveur de la mobilité durable, telles qu’elles sont déployées depuis quelques années, auraient tendance, non pas à niveler les inégalités sociales mais au contraire à alimenter le risque de leur creusement. Sous cet angle, le projet RED peut permettre de répondre aux questionnements du défi 3.8.1 (« Sociétés innovantes, intégrantes et adaptatives », « processus d’innovation versus cohésion sociale, inégalités, exclusion ») du plan d’action de l’ANR.

Enfin, la troisième hypothèse du projet RED est que les nouveaux aménagements et pratiques en faveur de la mobilité durable génèrent de nouveaux types de conflits et d’accidents de la circulation mal connus et peu investigués. Sensibles à la compréhension fine et territorialisée de l’évolution des usages et des pratiques de mobilité, ce projet vise donc à interroger l’efficacité mais aussi la légitimité des politiques contemporaines en faveur de la mobilité durable au prisme de trois risques : leur rôle par rapport au processus d’intensification de la spécialisation urbaine, leur effet par rapport à celui de cohésion sociale et des inégalités, leur impact en terme de sécurité des déplacements.